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Lettre à celui ou celle qui a volé le bien d’un enfant

Cet article n’a rien à voir avec la cuisine. Je suis très contrariée par ce qui passe dans l’école de mes enfants, une accumulation de faits qui sont à l’opposé de ma conception de la prise en charge et de l’accompagnement d’enfants à l’école ou au centre de loisirs.
La lettre est longue mais il fallait que ça sorte !
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Ce matin, au moment de déposer mes enfants à la garderie de l’école, j’ai évoqué un fait désagréable à l’attention de la directrice du centre de loisirs : un membre de l’équipe a volé une tasse appartenant à mon fils.
Ce fait est le dernier d’une succession d’événements ayant cours sur le temps de cantine.
Une tasse, cela peut paraître pas grand chose : je vous rejoins sur cette idée si nous nous arrêtons à la considération matérielle.
Or, cette tasse, c’est la maîtresse qui l’avait demandée en septembre avec le reste des fournitures scolaires. Nous l’avons choisie, tous les deux, lors d’une après-midi que je lui consacrais, dans un contexte particulier : un déménagement, un changement de ville, un changement d’école.
Je vous laisse imaginer la charge affective que portait cette tasse, en métal blanc, ornée de deux grands cœurs rouges. J’avais également pris soin de coller une étiquette à son nom, sous celle-ci.
Cette tasse était devenue un objet transitionnel, ce petit prolongement de la maison à l’école, le rassurant et lui permettant de retrouver confiance en lui au milieu de toute cette nouveauté.
Peut-être que ces considérations et réflexions sur l’enfant et ses besoins ne vous évoque rien, à vous, l’animateur ou l’animatrice, qui avez volé le bien d’un enfant de cinq ans.
Peut-être la trouviez-vous juste parfaite pour prendre votre café sur le temps de cantine ? Ah oui, je ne vous l’ai pas encore dit. Mon garçon l’a trouvée un jour, au retour de la cantine, remplie de café. Je peux donc ajouter à votre comportement mesquin : manquement aux règles d’hygiène.
Peut-être croyez-vous que ça ne compte pas quand il s’agit de voler un enfant ?
Peut-être pensez-vous qu’un enfant ne mérite pas une aussi jolie tasse ? Peut-être êtes-vous envieux(se) de ce petit garçon qui ne dit pas “c’est qu’est-ce que je t’avais dit” mais “c’est ce dont je t’avais parlé” ? Peut-être est-ce une pulsion basse qui vous a poussé(e) au crime ?
Cette tasse trône sûrement sur une étagère ou une table basse chez vous : elle n’est que le piètre trophée de votre lâcheté.
Ce matin, j’étais mal à l’aise après ma requête auprès de la personne présente à l’accueil. Mal à l’aise parce que j’ai réalisé que votre acte déstabilise une relation de confiance établie avec l’équipe à laquelle je confie mes enfants tous les jours.
Vos collègues honnêtes, bienveillants et rigoureux font les frais de votre forfait.
Ne pensez pas et n’allez pas défendre l’idée que je sois une énième mère exigeante et casse-pieds. Si mon exigence prône le respect et la bienveillance, elle est alors bien légitime ; ceux-ci étant un minimum attendus de personnes travaillant dans le milieu de l’enfance.
Ce matin, je me demande qui vous êtes ? Un homme ? Une femme ?
D’autres enfants ont-ils été victimes de vos larcins ?
Êtes-vous un(e) stagiaire ? Un membre de l’équipe pédagogique ? Un nouveau membre à découvrir au bataillon de ceux qui n’ont pas leur place auprès d’enfants ?
Êtes-vous cette animatrice adepte du chantage et du forcing alimentaire ?
Volez-vous aussi les desserts gagnés à coup d’abus de pouvoir sur votre jeune public ?
Remplissez-vous votre réfrigérateur de cette façon ?
Ne me dites pas que cette idée est déplacée et saugrenue, ce sont malheureusement des pratiques auxquelles j’ai mis fin en travaillant en crèches collectives !
Êtes-vous cette autre animatrice qui a décidé de punir tous les lundis midi le même groupe d’enfants, de confisquer arbitrairement ballons et livres pour les donner à votre fille ?
Vous vous êtes d’ailleurs défendue en prétextant que c’était de l’humour. Je suis triste de constater que vous prenez les enfants pour des idiots, ainsi que leurs parents ; cette absence de considération et de respect est désolante. Comment les enfants concernés pourront-ils de nouveau faire confiance à un adulte quand leur ressenti et leur vécu sont niés par votre mauvaise foi ?
Êtes-vous cet animateur qui crie au-dessus des têtes de nos enfants et qui ensuite leur interdit de pleurer ? N’avez-vous jamais appris la nécessité de consoler un enfant ? La nécessité de laisser les émotions s’exprimer ? N’avez-vous jamais réfléchi à d’autres pratiques plus douces et plus efficaces que les cris ?
Êtes-vous accompagné(e) d’un(e) complice passif(ve) ? Mettez-le en garde, qui ne dit mot consent : cet adage est appliqué au tribunal.
Ce matin, je constate une fois de plus que les personnes travaillant auprès de nos enfants ne sont pas formées à la réflexion, au questionnement, à la prise de recul et aux différentes approches pédagogiques. Leurs connaissances en matière de développement du jeune enfant, de ses besoins, de son accompagnement manquent cruellement dans bon nombre de structures dédiées à ce petit public si enrichissant, si intéressant, si reconnaissant.
Le recrutement se fait au détriment de qualités humaines et professionnelles évidentes et essentielles : conscience professionnelle, respect, connaissances, motivation ; la liste est longue…
On parle beaucoup de bienveillance ces derniers temps : la bienveillance commence par mettre, en présence des enfants, des professionnels avertis et formés. On ne garde pas des enfants comme on garde des chèvres !
Ce matin de 2017 est révélateur du peu de considération de notre société, ou plutôt des dirigeants de notre société pour les enfants, porteurs de l’avenir de celle-ci.
Ce matin de 2017, je continue de contribuer à ma façon à un changement de regard sur l’enfant, je continue à préparer l’avenir en diffusant mes valeurs éducatives.

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